Practima l’Omniscient (soi-disant)

Fiche technique

CulteLe Collège des Annotateurs
NatureDivinité majeure d’un panthéon polythéiste étranger
AdorateursÉrudits, archivistes et mages, surtout dans l’Empire Altonais
DomaineLe Savoir, dans son ensemble
Statut à VesperysCulte secondaire, importé — toléré par le clergé de Vespyrisa

Dicton attribué à ses clercs

Il n’a jamais tort. Enfin, rarement. D’accord — presque jamais. Et quand il a tort, c’est qu’on lui a menti sur les sources.

Domaine

Le Savoir. Tout le savoir, pas seulement celui qui se tient bien rangé dans les grimoires savants. Les lois de la magie, la généalogie exacte des maisons de Thornia, la meilleure méthode pour conserver une pomme tout l’hiver, l’étymologie douteuse d’un juron de marin ivre : rien ne lui est étranger. Et il vous le fera savoir, qu’on lui demande ou non.

Origine

Practima serait né — si « naître » veut dire quelque chose pour une entité qui semble avoir toujours su ce qu’il allait dire avant même de le dire — dans les bibliothèques-temples de l’Empire Altonais, loin à l’est, par-delà des mers que peu de Vespérains ont traversées. Là-bas, il trône parmi les divinités majeures, avec ses propres universités-sanctuaires où l’on prête serment sur une pile d’ouvrages plutôt que sur un autel.

À Vesperys, son culte est plus modeste. Importé par des mages et des archivistes qui ont croisé sa légende au fil de leurs voyages, et qui ont jugé plus sage de l’honorer que de risquer une annotation dans la marge de leurs futurs grimoires.

La Grande Annotation

L’histoire est probablement enjolivée. Elles le sont toutes. Mais on raconte qu’un soir, les lois fondamentales de la magie d’Elandrys se sont retrouvées couvertes d’une écriture inconnue. Pas de flammes. Pas de tonnerre. Juste de l’encre — des ratures précises, des « source ? » griffonnés dans la marge à côté d’affirmations trop vagues, et une note entière expliquant pourquoi telle règle de conservation énergétique ne tenait tout simplement pas debout.

Les mages qui découvrirent le manuscrit au matin pensèrent d’abord à une blague de collègue. Puis ils appliquèrent les corrections.

Elles fonctionnaient mieux.

Personne ne sait vraiment comment il s’y est pris, ni pourquoi il a pris la peine de le faire pour un monde qui n’était même pas le sien. Ses fidèles y voient une preuve de bienveillance. Ses détracteurs, une preuve qu’il ne sait pas se mêler de ses affaires. Les deux, sans doute, ont raison.

Apparence

On le représente le plus souvent les doigts tachés d’encre jusqu’à la deuxième articulation, une plume toujours coincée derrière l’oreille — même sur les fresques où il n’a techniquement pas d’oreilles. Certaines statues le montrent en train de lire trois ouvrages en même temps, ce qui est anatomiquement discutable, mais théologiquement d’une grande fidélité.

Personnalité

Généreux. Curieux jusqu’à l’excès. Incapable de laisser filer une erreur factuelle sans la relever — y compris, dit-on, en plein milieu d’un miracle. On raconte qu’il aurait un jour interrompu sa propre apparition devant un prophète pour corriger la datation qu’il venait de proposer pour la chute d’un royaume oublié. Le prophète, vexé, l’a consigné dans ses écrits. Practima l’a corrigé une deuxième fois.

Il n’est pas malveillant. Juste épuisant. Avec amour.

Symbole sacré

Une plume plantée dans un grimoire ouvert, à côté d’une tache d’encre qui, avec un peu d’imagination, ressemble à un point d’interrogation. Les puristes y voient un point d’interrogation. Les autres pensent que c’est juste une tache.

Culte et fidèles

Ses adorateurs vespérains sont surtout des archivistes, des étudiants en magie théorique, et quelques érudits de comptoir qui ont besoin d’un saint patron pour gagner leurs débats du soir. Le clergé officiel de Vespyrisa le tolère avec une politesse toute diplomatique : Practima n’a jamais revendiqué de territoire — seulement le droit de tout annoter.

Les offrandes typiques : une note en marge bien tournée, une source correctement citée, un débat mené jusqu’au bout sans mauvaise foi.

Prière type

(traduite du liturgique altonais, avec quelques libertés)

« Practima aux mille réponses, guide ma plume et corrige mes erreurs avant même que je les commette. Accorde-moi la source que je cherche, et épargne-moi la honte de citer de mémoire. Ainsi soit-il — mais vérifie quand même. »

Avertissements aux fidèles

Une exposition prolongée au culte de Practima peut entraîner : l’envie irrépressible de corriger autrui en public ; une allergie chronique aux affirmations non sourcées ; la certitude, souvent injustifiée, d’avoir raison en plein dîner. Ne lui posez jamais une question dont vous ne voulez pas vraiment connaître la réponse complète. Toute la réponse. Avec contexte historique.

Relations avec les autres divinités

Officiellement neutre envers le panthéon vespérain. Officieusement, on murmure une rivalité polie avec certaines figures de sagesse d’autres panthéons, qui lui reprochent de confondre « tout savoir » et « avoir raison ». Practima, bien sûr, a une réponse toute prête à cette critique.

Sourcée, évidemment.

Note de rédaction

Cette fiche a été rédigée en l’honneur d’un relecteur émérite d’Elandrys, dont les corrections sur l’écriture de la magie ont visiblement mérité une ascension. Toute ressemblance avec une personne réelle est entièrement assumée.

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