Mira Ashvael — la Gouverneure-Vice-Amirale

Fiche technique

TitreGouverneure-Vice-Amirale des Trois-Marches
RangGouverneure — même étage qu’un Amiral, un Général ou le chef des Gardevesse
Grade militaireVice-amirale d’escadre — elle n’est pas *l’*Amirale, ce siège appartient aux Dix Souffles
OrigineIssue du peuple
Ancien posteSeconde des Gardevesse — le numéro deux de l’ordre
NomméeRécemment
SiègePortvesse
RéputationStricte, incorruptible, respectée plus que crainte — de justesse

Personne à Portvesse ne l’appelle par son prénom. Même ses plus vieux compagnons d’armes s’y refusent, en public du moins. « Gouverneure » suffit, prononcé sur un ton qui ne laisse aucune place au doute quant à savoir qui commande le port ce jour-là.

Du peuple à la Chapelle-Haute

Mira n’est pas née pour ce genre de titre — personne, à Vesperys, n’y naît vraiment, la charge n’étant pas affaire de sang. Mais chez elle, l’écart entre le point de départ et le point d’arrivée impressionne particulièrement. Fille de pêcheurs, engagée jeune chez les Gardevesse, elle a gravi les échelons de l’ordre religieux-militaire de Vesp un à un, sans raccourci ni faveur qu’on lui connaisse, jusqu’à en devenir la seconde — le numéro deux, l’échelon juste sous le chef de l’ordre. Un poste qui l’a placée, jour après jour, à quelques pas seulement de la Famille Vesper elle-même : on ne garde pas un château royal sans finir par connaître ceux qui l’habitent, et ceux qui l’habitent finissent, eux aussi, par savoir à qui ils confient leur sécurité.

Le gouvernorat des Trois-Marches n’a donc rien d’une mise à l’écart. Dans la table des grades, un Gouverneur siège d’un cran au-dessus d’une seconde des Gardevesse — au même étage que l’Amiral, le Général et le chef de l’ordre. C’est une élévation, et une charge qu’on ne confie pas deux fois.

C’est de cette proximité-là, dit-on à Rhaelis, qu’est né son nom sur la liste des trois présentée à la Couronne pour les Trois-Marches (voir Le Pouvoir pour la procédure). La Couronne ne choisit pas librement ses gouverneurs — elle prend dans ce qu’on lui propose. Mais elle a pris celle-là, sur un poste qui cumule flotte, garnison et comptoir, parce qu’elle avait déjà vérifié des années durant que cette femme-là ne plierait pas.

Et la charge se regagne : dans vingt-cinq ans, le milieu qui l’a présentée se réunira de nouveau pour la confirmer ou proposer autre chose.

La garnison d’abord

À Ferveil, la légende veut qu’elle se soit présentée à sa première inspection avant l’aube, sans prévenir personne, et qu’elle ait trouvé une sentinelle endormie à son poste. Elle ne l’a pas fait fouetter. Elle a pris son tour de garde elle-même, jusqu’au levant, sans un mot — et la sentinelle en question n’a plus jamais fermé l’œil de la nuit depuis, dit-on, même hors service. Mira applique à elle-même, en premier, tout ce qu’elle exige des autres : mêmes rations que ses soldats, même froid, mêmes heures. Difficile de reprocher la dureté d’un chef qui ne s’épargne jamais elle-même.

La chasse à la fraude

Portvesse brasse trop d’argent pour rester honnête toute seule, et Mira le sait. Les registres du port sont vérifiés deux fois plutôt qu’une, les cargaisons pesées à l’arrivée et au départ, et plus d’un armateur a découvert à ses dépens qu’un pot-de-vin glissé au mauvais fonctionnaire finissait, immanquablement, sur le bureau de la Gouverneure elle-même. Elle ne crie jamais dans ces cas-là. Elle se contente d’être calme, précise, et de citer le règlement exact qu’on vient d’enfreindre — une froideur qui, à en croire les marchands du port, fait plus peur qu’une colère.

Sous l’armure

Il y a pourtant une fissure dans la façade, et ceux qui la connaissent depuis longtemps savent où chercher. Mira garde un faible pour les recrues venues de rien — les enfants de pêcheurs, les orphelins de marins, ceux qui lui ressemblent à quinze ans. Elle leur accorde, à eux et seulement à eux, une deuxième chance qu’elle refuserait à n’importe qui d’autre. Un détail que peu remarquent, puisqu’elle prend grand soin de ne jamais l’exhiber — mais Selbrune, l’île la plus modeste des trois, la plus proche par l’esprit de son propre village natal, la voit passer plus souvent qu’aucun rapport officiel ne l’exigerait.

Une nomination encore fraîche

Elle n’occupe le poste que depuis peu, et ça se sent encore. L’ancienne garde de Portvesse — celle qui s’était habituée à des gouverneurs plus souples, plus négociables — apprend à ses dépens qu’un nouveau vent souffle sur le port. Certains s’en accommodent. D’autres attendent, en silence, une occasion de la voir trébucher. Elle le sait, et ça ne semble la ralentir en rien.

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