Elrick — l’héritier qui compte les jours

Fiche technique

TitreHéritier de l’Empire — futur Aldemar XII
Âge16 ans
PèreAldemar XI, 59 ans
MèreElswynn Wysbrand
SœursYsore (26), Maerin (24)
RangTroisième-né, seul fils légitime
AlliésSon grand-père maternel, duc de Salinghe · Arbrigue

Seize ans. Le seul fils légitime d’un Empereur de cinquante-neuf. Faites le calcul que toute la cour a déjà fait : si Aldemar meurt demain, l’Empire passe à un garçon qui n’a pas fini de grandir — et si Elrick meurt avant lui, l’Empire n’a plus aucun héritier légitime mâle, parce que la règle est bête exprès et qu’elle ne prévoit rien d’autre.

Tout ce qui compte dans cet Empire tient aujourd’hui sur un garçon de seize ans. Il le sait. C’est peut-être la seule chose qui le rende sérieux.

Il méprise son père

Pas de scène, pas d’insolence, pas un mot de travers en public. Elrick a appris très tôt — probablement de sa mère — que le mépris se garde, et il le garde bien. Devant l’Empereur il est correct, attentif, un peu terne. Aldemar le trouve sage. Aldemar ne le regarde pas beaucoup.

Ce qu’il méprise, ce n’est pas seulement la voix aiguë ou les bâtards installés à la cour comme s’ils étaient chez eux. C’est le règne lui-même : quarante-sept ans d’entêtement sur une île qu’on ne reprend pas, une guerre payée par des gens qui meurent de faim, et un édit détruit dans une chancellerie pour rien. Il a seize ans, il a lu ce qu’on lui a mis sous les yeux, et il a conclu que son père est un imbécile. Il n’a pas tout à fait tort, et c’est le problème.

Sa mère

Il est très proche d’Elswynn, et il la plaint. Il voit une femme qu’on a livrée à quinze ans de trop à un homme qui ne la mérite pas, et il s’est promis, quelque part vers ses douze ans, qu’il réparerait ça d’une manière ou d’une autre.

Il ne soupçonne pas une seconde que sa mère travaille depuis trente ans à faire grandir Salinghe sous le nez de la cour, ni qu’il est lui-même l’aboutissement le plus précieux de ce travail-là.

Ses alliés

Deux, et ce sont exactement les deux pairs qui refusent la guerre.

Son grand-père maternel, le duc Halden Wysbrand de Salinghe — le seul homme de l’Empire devant qui Elrick parle librement, et qui lui écrit plus souvent que son père ne lui adresse la parole.

L’évêque d’Arbrigue, chef de la faction de paix à la cour. Un prince de l’Église qui prend le temps de parler sérieusement à un adolescent que tout le monde traite en meuble. Elrick y voit de la considération. Il faudra un jour se demander si l’évêque, lui, n’y voit pas surtout un investissement à douze ou quinze ans d’échéance.

Ce qui l’attend

Deux garçons de vingt-trois ans vivent à la cour, portent ouvertement le sang de son père, et sont plus âgés que lui. Ils n’ont aucun droit — la règle est claire, elle ne connaît que les fils légitimes. Elrick a grandi avec eux dans les mêmes couloirs.

La règle est claire tant que quelqu’un a intérêt à la lire. Voir Les bâtards de Watford.

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