Les Thraxen — trois cents ans, et pas un de plus

Fiche technique

NatureDynastie impériale du Watfordian Empire
RègneDepuis 300 ans — voir L’Unification
Souverains11 à ce jour
Nom de règneAldemar, porté par tous, numéroté
Souverain actuelAldemar XI, dit le Précoce — 59 ans, 47 ans de règne
SiègeWatford, dans Le Domaine impérial
SuccessionLigne masculine légitime, primogéniture stricte
LégitimationLe Le Sacre, par l’archevêque de Nordhalle
OrigineContestée — et la question est mal vue

Trois cents ans. À l’échelle d’Elandrys, ce n’est rien. La Famille Vesper tenait déjà Vesperys quand les Thraxen n’avaient pas encore de nom qu’on puisse écrire, et un elfe noir de Rhaelis ne se prive jamais de le rappeler.

Les Thraxen le savent mieux que personne. C’est même le fait central de leur existence : une maison neuve assise sur des pays vieux, entourée de pairs dont certains remontent dix fois plus loin qu’elle.

Le nom de règne

Voici leur trouvaille, et elle est plus habile qu’elle n’en a l’air. Chaque Thraxen abandonne son prénom en montant sur le trône et prend le même nom : Aldemar. Il ne reste que le chiffre.

Écrivez la liste, et regardez ce qu’elle donne : Aldemar Ier, Aldemar II, Aldemar III… jusqu’à onze. Onze souverains d’un seul nom, alignés en colonne. Une famille sans passé qui se fabrique, en une génération, l’apparence d’une lignée immémoriale — parce qu’une liste comme celle-là, sur un mur de cathédrale, ne se distingue pas d’une vraie.

Et le nom lui-même ? Aldemar. Aldwyn. Prononcez les deux à la suite, lentement. Personne dans l’Empire ne fait le rapprochement à voix haute, et je serais bien en peine de dire si c’est parce qu’il n’y a rien à voir, ou parce qu’il y a trop.

Les onze Aldemar

#Prénom d’origineDuréeIl y aFin de règne
(conquête)20 ans−320 → −300
IVaelric11 ans−300 → −289Naturelle
IIOstrec26 ans−289 → −263Naturelle
IIIHalvin34 ans−263 → −229Naturelle
IVMerric55 ans−229 → −174Naturelle
VDorwen17 ans−174 → −157Naturelle
VIKaelric25 ans−157 → −132Naturelle
VIISemric9 ans−132 → −123Assassiné
VIIIIlverec27 ans−123 → −96Naturelle
IXKorvhan — l’Impitoyable44 ans−96 → −52Naturelle
XDoryan5 ans−52 → −47Mort au combat
XIIlvan — le Précoce47 ans, en cours−47 → aujourd’hui

Onze règnes en trois siècles, chez un peuple qui vit soixante-dix à quatre-vingt-dix ans : vingt-sept ans de moyenne. À Vesperys, la même durée tiendrait dans un seul règne elfe et il en resterait. C’est peut-être le vrai gouffre entre les deux royaumes — pas la puissance, le rythme. Les Vesper pensent en siècles. Les Thraxen pensent en règnes, et chaque règne remet tout en jeu.

La guerre tient sur trois d’entre eux

La guerre commence il y a soixante-deux ans, et se répartit exactement sur trois règnes. Dix ans sous Korvhan, qui tient l’île et ne cède rien. Cinq ans sous Doryan, qui la perd, tente de la reprendre, et meurt au Massacre du X avec toute son armée. Quarante-sept ans sous Ilvan, qui débarque onze fois sans jamais rien garder. Voir Guerre de Wathelyn.

La famille aujourd’hui

  • Aldemar XI — l’Empereur, 59 ans
  • Elswynn Wysbrand — l’Impératrice, de la maison ducale de Salinghe
  • Ysore, 26 ans — mariée à la maison Brescombe de Marlonde
  • Maerin, 24 ans — remariée dans sa propre maison maternelle, à Salinghe
  • Elrick, 16 ans — l’héritier, futur Aldemar XII
  • Les bâtards de Watford — six enfants illégitimes reconnus, dont deux garçons plus âgés que l’héritier

D’où viennent-ils ? — les quatre versions

Aucune ville ne porte leur nom, aucune vieille province ne les revendique. Les chroniques officielles commencent à l’unification et ne remontent pas au-delà. Quatre récits circulent, et ils ne peuvent pas être vrais ensemble :

La version d’Église. Aldwyn les a envoyés. On l’enseigne aux enfants, on ne la discute pas, et elle a l’immense avantage de ne rien affirmer de vérifiable.

La version de cour. Ils descendraient d’une maison royale d’un pays lointain, chassée par une guerre oubliée. C’est celle que la noblesse préfère, pour une raison transparente : elle leur donne des ancêtres, et un pair supporte mieux d’obéir à un roi déchu qu’à un inconnu.

La version de taverne. Un capitaine de mercenaires étranger et sa bande, engagés par des seigneurs d’ici qui n’ont jamais su s’en débarrasser. Plus près du sol, et plus près d’autre chose aussi.

Et la dernière, qu’on ne finit jamais de dire à voix haute : ils n’étaient rien du tout, et quelqu’un ici les a fabriqués. On ne nomme jamais qui.

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