Aldemar IX — l’Impitoyable

Fiche technique

Nom de règneAldemar, neuvième du nom
Prénom d’origineKorvhan
SurnomsL’Impitoyable · l’Immortel (de son vivant)
Règne44 ans — il y a 96 à 52 ans
FinNaturelle
GuerreLes 10 premières années de la Guerre de Wathelyn
Petit-filsAldemar XI

Quarante-quatre ans de règne, chez un peuple qui vit soixante-dix à quatre-vingt-dix ans. Les gens nés sous Korvhan sont morts sous Korvhan. À la fin, on ne l’appelait plus l’Impitoyable — on l’appelait l’Immortel, et ce n’était pas tout à fait une flatterie. C’était le constat, un peu las, d’une génération entière qui n’avait jamais rien connu d’autre.

C’est le grand-père de l’Empereur actuel. Retenez ça : tout ce qu’on peut reprocher à Ilvan, Korvhan est là pour montrer qu’un Thraxen pouvait faire autrement.

L’Impitoyable

Le surnom vient de la justice, pas de la guerre. Korvhan a durci les lois de l’Empire dans des proportions dont on parle encore : peines alourdies, recours réduits, exécutions publiques et fréquentes, seigneurs sanctionnés aussi durement que les manants quand ils sortaient du cadre. Un homme sans indulgence pour personne, et cela incluait les siens.

Les gens du troisième ordre, curieusement, en ont gardé un bon souvenir. Une justice terrible qui frappe aussi les puissants reste une justice — et c’était la première fois qu’un baron risquait la même corde qu’un voleur de grain.

La guerre, dix ans, sans céder l’île

Les voiles vesperaines paraissent devant Wathelyn la trente-quatrième année de son règne. Il lui reste dix ans à vivre, et pendant ces dix ans l’île reste impériale.

Retenez bien ça, parce que le reste de l’Empire l’oublie volontiers : Korvhan n’a pas perdu Wathelyn. Il l’a tenue sous une pression qui n’est jamais retombée, sans traité, sans négociation, sans reculer d’un pouce — et il est mort dans son lit avec l’île encore sous sa bannière.

C’est son fils Doryan qui l’a perdue, quelques années après. Et c’est son petit-fils qui n’a jamais réussi à la reprendre en quarante-sept ans, tout en se faisant flatter par la cour sur sa « constance ». Voir Guerre de Wathelyn.

L’édit qu’il n’a pas eu le temps de signer

C’est son vrai travail, et sa vraie défaite.

Korvhan a passé les dernières décennies de son règne à préparer un texte qui aurait interdit la discrimination contre les Humains sans magie — ceux qui ne naissent avec aucune Puissance, moqués, écartés, tenus pour infirmes dans un empire où le sang magique prouve le droit à commander.

Mesurez ce que ça voulait dire. Dans un Empire dont l’Église enseigne que la magie héréditaire est la marque du dieu sur les lignées régnantes, un tel édit ne corrigeait pas une injustice sociale : il retirait à la noblesse et au clergé leur meilleur argument.

Il est mort avant de le faire enregistrer par les cours souveraines. Le texte a survécu à son fils Doryan, qui l’a laissé dormir. Il n’a pas survécu à son petit-fils : Ilvan l’a fait détruire, purement et simplement, sans débat et sans registre.

Quarante ans de travail, et il n’en reste rien qu’on puisse produire.

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