Les Pairs de l’Empire — quatorze hommes au-dessus du droit commun
Fiche technique
Nombre 14 — sept ecclésiastiques, sept laïques Territoires Les Pairies Rôle cérémoniel Chacun tient une fonction au Le Sacre Privilège judiciaire Un pair ne peut être jugé que par les autres pairs Devoir Hommage, conseil, service d’armes envers l’Empereur
Le titre, pas la terre. La terre, ce sont les quatorze pairies ; ceci est ce que leurs titulaires sont quand ils quittent leurs domaines et montent à Watford.
Un pair de l’Empire doit trois choses à l’Empereur : l’hommage, prêté à genoux et renouvelé au Sacre ; le conseil, qu’il donne quand on le lui demande et parfois quand on ne le lui demande pas ; et le service d’armes, dont l’étendue exacte fait l’objet de disputes vieilles de trois siècles.
En échange, il reçoit un privilège qui vaut tous les autres : aucun tribunal de l’Empire ne peut le juger, sauf ses pairs eux-mêmes. Ni un bailli, ni une cour souveraine, ni l’Empereur seul. Quatorze hommes qui se jugent entre eux — Vous devinez sans peine à quelle fréquence l’un d’eux est condamné.
Sept crosses, sept épées
L’équilibre est exact, et personne ne croit vraiment qu’il soit accidentel. Sept pairs ecclésiastiques — un archevêque, six évêques — et sept pairs laïques — quatre ducs, trois comtes. À la cour comme au Sacre, ils alternent.
Un pair ecclésiastique n’a pas d’héritier : à sa mort, sa pairie ne se transmet pas, elle se pourvoit. Et c’est la couronne qui pourvoit. Voilà pourquoi la moitié des grands fiefs de l’Empire ne peuvent jamais devenir des dynasties rivales — et pourquoi les Thraxen ont fait de l’Église leur meilleure alliée sans jamais avoir eu à l’aimer.
Résider, ou envoyer quelqu’un
Les chefs de maison ne vivent pas à la cour. Ils vivent sur leurs terres, où se trouvent leurs revenus, leurs juges et leurs hommes — et où l’Empereur ne les voit pas.
Ce qu’ils envoient à Watford, c’est un représentant : un frère cadet, un fils, une fille, un cousin. Quelqu’un du sang, pour que l’honneur soit sauf, mais pas celui qui décide. La cour impériale est donc peuplée de gens qui parlent au nom d’hommes absents et qui doivent écrire pour obtenir une réponse.
Sauf pour les sept pairies ecclésiastiques : un évêque n’a ni frère à envoyer, ni fils. Elles délèguent des clercs de leur diocèse. La moitié des représentants permanents de la cour sont donc des hommes d’Église, qui répondent à une hiérarchie ne s’arrêtant pas à Watford. Détail que personne ne formule, et qui est vrai tous les jours — voir La Cour de Watford.
Un Empereur qui voudrait tenir ses pairs devrait les faire venir. Aucun Thraxen n’a jamais eu les moyens de les y contraindre — ni, faute de fortune, de les y retenir par le faste.
Douze contre deux
Sur la guerre, la répartition est écrasante et n’a pas bougé depuis des décennies.
Douze pairs pour la guerre, menés par Thatchie, qui a perdu l’île et le prend personnellement.
Deux pairs contre : Salinghe, la maison de l’impératrice, et Arbrigue, la pairie la plus riche de l’Empire — c’est-à-dire celle qui paie. L’évêque Feldrin mène ce camp et l’assume tout haut.
Deux sur quatorze : sur le papier, une défaite permanente.
Sauf que le papier ne dit pas tout. Sur les trois représentants autorisés à s’asseoir devant l’Empereur quand les autres restent debout, deux appartiennent à cette minorité — Salinghe et Arbrigue, contre Marlonde seule pour l’autre camp. La faction de guerre a le nombre, les votes et la clameur ; la faction de paix a la table et les soirées. Voir La Cour de Watford.
Et ces deux-là sont précisément le grand-père et le protecteur d’Elrick, seize ans, seul héritier d’un Empereur qui en a cinquante-neuf. Ils ne cherchent pas à gagner un vote. Ils attendent un enterrement.
Liens
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